Lilypond en bref

Si vous connaissez (ne serait-ce qu’un peu) le solfège mais absolument pas Lilypond cette section peut vous aider à démarrer, il vous suffit juste d’utiliser le fichier harpoTab.ly prévu à cet effet. Les explications qui suivent sont volontairement simplistes et seront avantageusement complétées par la lecture de la documentation officielle, très complète.

Ces explications sont également valables si vous écrivez directement votre tablatures en tabmode.

Utilisation de Lilypond

Contrairement à ce qu’on est accoutumé de voir, Lilypond est un logiciel sans interface graphique. Il s’agit d’un programme qui lit un simple fichier texte contenant la description de votre musique, et le transforme en PDF et éventuellement en Midi. Cette action s’effectue en ligne de commande, ce qui nécessite de maîtriser un tant soit peu le système d’exploitation. L’alternative est d’utiliser un des éditeurs de texte dédiés à Lilypond, qui vous proposera non seulement des aides à la saisie de la musique, mais également de compiler vos fichiers d’un simple clic. Nous considérerons que cet aspect technique est résolu pour la suite des explications.

Pour en savoir plus sur les éditeurs compatibles : http://www.lilypond.org/easier-editing.fr.html.

En-tête de morceau

C’est la partie qui se trouve dans le bloc \header {}. Elle comprend plusieurs champs relativement simples à comprendre (titre, auteur, etc.), et dont la signification est expliquée dans empty-harpoTab.ly. Il suffit de saisir le texte adéquat entre les guillemets en prenant bien garde à ne pas les supprimer.

Il existe d’autres champs d’en-tête possibles mais qui n’ont pas d’intérêt dans le cadre d’une musique pour harmonica.

Expressions musicales et variables

Il est très important de retenir que la musique doit être constituée d’une unique expression musicale délimitée par des accolades {}. Ce qui n’interdit pas d’écrire plusieurs sous-expressions musicales, elles-mêmes délimitées par des accolades, puis de les insérer les unes dans les autres. Afin de faciliter ces insertions toutes ces sous-expressions seront affectées à des variables que l’on nommera de façon explicite, comme ThemeUn ou ThemeDeux. Il n’est pas possible d’utiliser de chiffres dans les noms de variables. Ce qui n’est pas très pratique, mais c’est comme ça…

On les utilisera ensuite ainsi :

Melody = {

\ ThemeUn

\ ThemeDeux

}

Données globales

Certaines données, qui s’appliquent à tout le morceau de musique, donc à toutes les variables qui la composent, sont regroupées dans une autre variable que l’on peut insérer là où c’est nécessaire. C’est le cas des indications de tonalité, de tempo, etc. qui se trouvent dans la variable Global.

Global = {

\clef treble

La clé de sol se nomme treble, la clé de fa bass.

\key do \major

La tonalité de do majeur, \minor pour une tonalité en mineur.

\time 4/4

La métrique.

\tempo 4=120

Le tempo, avec indication de la note.

}

On insérera ensuite ces informations de la façon suivante dans la variable Melody :

Melody = \relative sol’ {

\Global

}

On saisira la musique à la suite de \Global, soit directement, soit en insérant d’autres variables, ou les deux.

Écriture des notes

Dans Lilypond une note est caractérisée par (dans l’ordre) son nom, son altération, son octave et sa durée.

Les noms peuvent s’écrire dans de nombreuses langues, mais toujours en minuscule et sans accents : re mais jamais Ré. La notation par défaut est la notation batave (a b c d e f g) qui a l’avantage de ne demander qu’une seule frappe excepté pour les altérations (is pour les dièses et es pour les bémols). Pour écrire en français (do re mi fa sol la si) il faut ajouter l’instruction \language “italiano” en début de fichier. Elle s’y trouve par défaut dans harpoTab.ly, mais on peut la supprimer ou la transformer en commentaire.

Pour que du texte ne soit pas considéré comme du code on le formate en tant que commentaire en faisant précéder celui-ci d’un caractère dévolu à cet effet. Chaque langage a le sien, et dans Lilypond c’est le % qui a cet effet.

L’altération en français se note simplement d pour dièse et b pour bémol. En anglais c’est respectivement s et f (sharp et flat). En langue batave, la langue par défaut de Lilypond, ce sera is et es.

L’octave peut se noter de deux façons, absolue ou relative. Le fichier d’exemple utilise la notation relative, à savoir que les notes sont centrées sur celle qui suit la mention \relative (généralement la note du milieu de la rangée extérieure). La notation relative peut paraître un peu déroutante au début mais on l’apprécie très vite.

En mode relatif, Lilypond considérera qu’en l’absence d’indication explicite il doit utiliser l’écart le plus faible entre deux notes qui se suivent. Donc si vous écrivez sol do le do sera celui situé au-dessus du sol (écart d’une quarte alors que le do du dessous est à une quinte) et dans sol mi le mi sera en dessous. On peut forcer le passage à une autre octave en écrivant sol do, (avec une virgule accolée au nom de la note) pour forcer l’écriture de la note en dessous, et sol mi’ (avec une apostrophe) pour afficher une note située plus haut.

La durée se note avec un nombre égal à 1 pour la ronde , 2 pour la +blanche, 4 pour la noire, 8 pour la croche… Pour une noire pointée on écrit tout simplement 4. (un 4 suivi d’un point). On s’y fait très vite également.

Il n’est pas nécessaire de répéter l’indication de durée tant qu’elle reste identique.

Toutes ces indications sont écrites dans l’ordre donné ci-dessus et sans espace : fad’4 sol se lit : fa dièse qu’on force à monter au-dessus de la note précédente, durée une noire, suivi d’un sol qui dure lui aussi une noire (persistance de la durée).

Les silences se notent r (comme rest en anglais) et leur durée s’indique de la même façon que les notes. On peut également écrire des silences invisibles avec un s.

Écriture de la musique

On l’a vu, celle-ci se trouve dans ce qu’on appelle une variable, et qui se présente ainsi :

Melody = relative sol’ { … }

Lesquelles seront facilement évitées si la première note de la mesure a une indication de durée explicite, et identifiées si les | préconisés ont été placés en fin de mesure.

Le sol’ qui suit le mot clé relative indique la note centrale de la musique (ici en fait la note centrale de l’harmonica, ce qui est plus simple). Dans cette variable on écrira la musique comme indiqué précédemment, en respectant les conventions suivantes :

  • une mesure par ligne ;

  • un | à la fin de chaque mesure (il n’est pas obligatoire mais permet de repérer les erreurs de durées de notes, de mesures incomplètes…)

Il est souvent tentant de faire des copies de mesures d’un endroit à l’autre de la mélodie.

Dans ce cas attention aux absences d’indication de durée qui provoqueront immanquablement des erreurs.

On ajoutera aux indications purement musicales les indications nécessaires à la création de la tablature, comme indiqué plus haut :

Melody = relative sol” {

la2 do4 | la blanche, aspiré, rangée 1, doigt 2 ; do noire, doigt 4

si2 sol4-1 | si blanche, poussé, doigt 2 ; sol noire, rangée 1, doigt 1

la2. | la blanche pointée, tiré, rangée 1, doigt 2

}

Les répétitions

Elles s’utilisent un peu à la façon des parenthèses dans une expression mathématique.

Il est important d’être rigoureux dans leur écriture sous peine d’erreurs. C’est donc une bonne habitude d’indenter (ajouter des espaces en début de ligne) à chaque fois que l’on passe à une nouvelle imbrication, et de les retirer lorsque l’on ferme un niveau d’imbrication, comme dans l’exemple ci-dessous.

Certains morceaux sont conçus comme un ensemble d’une ou plusieurs phrases musicales répétées, parfois avec des fins différentes. On écrira ceci sous forme de plusieurs expressions musicales imbriquées :

\repeat volta 4 {

La partie commune et le nombre de reprises de celle-ci. Cette partie est une expression musicale à part entière et est donc placée entre accolades

    la4\i do8 la |

    si4\o si8 do |

}

Fin de la partie commune

\alternative {

Fins alternatives

    { re8\o mi re si |

La première fin, sur deux mesures donc deux lignes, est aussi une expression musicale donc entre accolades.

    do4\i la | }

    { re8\o mi re do |

La deuxième fin….

    la4\i la | }

    { re8\o mi re si |

Etc.

    do4\i la | }

    { re8\o mi re do |

    la2\i | }

}

Fin des fins alternatives

Le code donné en exemple ci-dessus sera inséré (autant de fois que nécessaire) entre les accolades ouvrantes et fermantes de la variable Melody (ou une de ses sous-variables si nécessaire).

Les anacrouses

Elles sont aussi appelées levées, et sont notées ainsi :

\partial 4. { do16 re mi }

La seule différence avec les autres expressions musicales (hormis le mot-clé partial) est qu’il faut indiquer la durée de l’expression musicale contenant l’anacrouse avant d’écrire celle-ci.

Les accords

Contrairement aux notes, les accords sont écrits dans un mode spécifique, nommé \chordmode, et qui permet d’ajouter au nom de l’accord des précisions telles que mineur, septième ou augmenté. Reportez-vous au manuel de Lilypond pour trouver les syntaxes correctes.

Aller plus loin

Si vous souhaitez approfondir vos connaissances, le site de Lilypond regorge d’explications et d’exemples.

L’étude du fichier empty-harpoTab.ly peut constituer un bon départ pour étudier le fonctionnent précis de ce fantastique programme.

Autres variables et Score

Ces variables et la façon de les utiliser a été largement décrite plus haut, il n’est pas utile d’y revenir. Ne touchez pas au reste du code et tout marchera parfaitement.

La compilation

Selon l’éditeur que vous utiliserez, la procédure sera différente, donc non expliquée ici. Si vous lancez l’édition en ligne de commande, tapez simplement :

lilypond monfichier.ly

et les fichiers PDF et Midi seront générés dans le répertoire courant.

Bookmarquez le permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *